AVANT-PROPOS
Ayant déjà 11 années d'expérience en tant qu'élu local, je sais comment fonctionne une mairie et comment gérer un budget. Vice-président d'Amiens Métropole en charge du tourisme de 2020 à 2025, quand je suis arrivé, le budget de l'office de tourisme était en constant déficit et les recettes de la taxe de séjour avoisinait les 430 000 euros par an (chiffres avant Covid évidemment, sinon c'est biaisé).
À mon départ en novembre 2025, l'office de tourisme, pour la première fois de son histoire, a fini avec un budget en excédent et des recettes de la taxe de séjour dépassant les 1 000 000 d'euros par an (record absolu dû à une augmentation constante du nombre de touristes et à une révision des tarifs). Les dépenses de l'office de tourisme ont également baissé car j'ai mis fin à des dépenses inutiles (adhésions à des structures ne nous apportant rien, subventions auprès d'organismes non conditionnées à des résultats, contrats avec des agences de com' qui n'augmentaient pas notre notoriété ni notre nombre de touristes, etc...).
Croyez bien que si vous m'élisez maire, je saurai faire la même chose pour la ville d'Amiens et Amiens Métropole, et sans augmenter les impôts. Je m'attaquerai là encore à un vaste sujet : les dépenses inutiles ou à peu de valeur ajoutée.
Méthode
Un budget, ce sont des recettes et des dépenses. Celui de la ville d'Amiens est composé de 182,9 millions d'euros de recettes et de 154 millions d'euros de dépenses (chiffres 2024). Cela fait donc un excédent de 28,9 millions d'euros qu'on peut améliorer de deux façons : augmenter les impôts (pas question en ce qui me concerne) ou baisser les dépenses afin de pouvoir mieux investir. C'est cela qui m'intéresse.
En effet, plusieurs millions d'euros d'économies par an sont possibles en ciblant mieux lesdites dépenses. Tout d'abord, la ville est adhérente à trop de structures qui apportent peu, voire aucune valeur ajoutée. Je ferai en sorte que chaque service adhère peu, comme je l'ai fait à l'office de tourisme : nous étions adhérents à 15 structures de conseil en 2020. Aujourd'hui, seulement 3. J'ai supprimé 12 adhésions annuelles (plusieurs dizaines de milliers d'euros d'économie par an) qui, selon moi, n'apportaient rien pour nous aider concrètement à attirer plus de touristes et améliorer notre communication.
Si on généralise cela à chaque service de la ville, ce sont plusieurs centaines de milliers d'euros d'économies au bas mot que nous générerons.
Autre mesure phare : l'utilisation de l'IA. Je souhaite que notre service com' s'en serve le plus possible pour que l'on fasse des économies substantielles car la ville d'Amiens externalise beaucoup (et souvent auprès de boîtes de com' non amiénoises). Il en sera de même pour chaque service qui a son pôle communication.
A chaque départ en retraite, je demanderai qu'on se pose la question suivante : le poste qui vient de se libérer est-il tout ou en partie remplaçable grâce à l'IA ? Il n'est évidemment pas question de remplacer les personnes en place, donc cette réflexion ne se fera que pour les départs. Il n'est pas question non plus de déshumaniser les services de proximité, ainsi que les postes qui demandent du contact humain. Je parle ici de postes plus administratifs, juridiques ou financiers.
Toutes ces économies mises bout à bout + flécher mieux nos dépenses + une partie de l'excédent déjà existant permettront de financer notre programme, et notamment les mesures les plus coûteuses listées ci-dessous.
MESURES LES PLUS COÛTEUSES
- Bus gratuit pour les moins de 26 ans et plus de 65 ans. Manque à gagner : 900 000 euros par an (sur 4,6 millions d'euros de recettes en moyenne), soit 0,4% du budget total de la collectivité. Source : Cour des comptes.
- Augmenter les effectifs de la police municipale. 60 000 euros par an par agent (tout compris). La ville d'Amiens comporte déjà 80 policiers municipaux. Augmenter les effectifs de 10 policiers supplémentaires est donc un objectif raisonnable financièrement sur un mandat : 600 000 euros au total lissés sur 6 ans, soit 100 000 euros par an et 0,05% du budget total. Source : OFGL (Observatoire des Finances et de la Gestion publique Locale).
Pour information, Hubert de Jenlis et Aurélien Caron promettent de doubler les effectifs. IMPOSSIBLE : cela coûterait 4 800 000 euros ! Et il faudrait construire des locaux supplémentaires. Bonjour la gabegie.
- Augmenter la quantité et la qualité des caméras de vidéoprotection. 15 000 euros par caméra. 20 caméras supplémentaires coûtent donc 300 000 euros. Lissée sur 6 ans de mandat, cela revient à 50 000 euros par an, soit 0,02% du budget total. Source : somme.gouv.fr
- 2h de stationnement gratuit par jour et par véhicule : plusieurs centaines de milliers d'euros par an. Difficile de donner un chiffre plus précis, étant donné qu'on ne peut pas prévoir les comportements futurs suite à cette mesure : combien d'habitants/touristes resteront moins de 2h et ne paieront donc pas ? Combien resteront plus de 2h et paieront tout de même ? Impossible de le savoir tant que ce n'est pas mis en place.
- Bus santé itinérant : 300 000 euros pour le coût du bus, 100 000 euros par an pour le coût des soignants (partenariat avec le CHU). Amorti sur 6 ans, cela fait 66 667 euros par an, soit 0,03% du budget total.
- Elargir les horaires des déchetteries et ouvrir le dimanche : 100 000 euros par an (essentiellement des dépenses de personnel), 0,05% du budget total.